- Xavier Emanuelli -

Sauver une vie c’est damer le pion à la mort

C

«Ma volonté d’inscription au registre de don et de greffe d’organes n’est pas née d’aujourd’hui, malheureusement, la complexité de la procédure m’a souvent découragé. Lorsque l’occasion de s’inscrire s’est présentée le 17 avril dernier, je l’ai saisie en toute connaissance du combat de mon amie, le professeur Amal Bourquia, qui s’active sur plusieurs fronts, depuis de bonnes décennies déjà.

En effet, tout a commencé par une pétition lancée par l’association Reins, en vue d’initier un débat national sur le don et la greffe d’organes. Ensuite, des conférences de presse, des débat d’opinion ont nourrit le débat de l’opinion publique. Le tout a été couronné par une action pionnière au niveau du tribunal de 1ère instance de Casablanca, d’autres se sont poursuivi à Rabat, Oujda etc…

Donner un organe après sa mort ou de son vécu, dépasse les limites de la générosité. J’ignore si les marocains sont hésitants ou mal informés, mais en matière de don d’organes, les chiffres parlent d’eux même. De 2012 à 2014 par exemple, seulement 125 reins ont été transplantés alors qu’il existe un million de malades touchées par l’insuffisance rénale. Est-ce un tabou ou une peur de la mort ? La pratique en dit long sur la mentalité du citoyen marocain. Pour moi, l’être et le néant sont identiques, ils sont fusion et amour, la vie et la mort sont d’une complémentarité inouïe, en dépit de leur ambivalente contradiction. Tout ce qui est vide est plénitude, y compris la naissance et la mort. Et puis, donner un organe pour sauver une vie c’est devancer la finitude en damant le pion à la mort.»

Rajaa Kantaoui - Specialiste en communication strategique et de crise